Les familles de départements des indicateurs locaux de sécurité routière (ILSR)

La France métropolitaine en familles de départements homogènes.

Les spécificités des territoires impactent la typologie des mobilités et ainsi l’accidentalité.

Des travaux statistiques menés en 2011-2012 ont défini pour les études d'accidentalité neuf familles de départements homogènes (huit familles pour les départements de métropole et une famille regroupant les départements d’outre-mer) sur la base de nombreuses variables telles que le nombre d’habitants, la densité de population, la répartition du trafic selon les réseaux, les fonctions de transit assurées ou non par les grands axes ainsi que le contexte socio-économique, et le climat. Cette classification permet de comparer chaque département aux autres départements de sa famille de référence, en tenant compte de leur dispersion. Elle permet ainsi de mieux interpréter les chiffres des différentes cartes présentées par ailleurs.

Description des 9 familles

Familles de départements pour les ILSR

La famille 2 (départements de petite couronne) est constituée des trois départements de la petite couronne parisienne qui se distinguent du reste de la métropole française par leur complète urbanisation, l'intensité de la circulation sur leur réseau routier, malgré un taux d'équipement des ménages en automobiles très inférieur au reste de la France, permis par une offre de transports alternative conséquente.

La famille 3 (départements de grande couronne) accueille les départements de la grande couronne parisienne, dont la population habite essentiellement en zone urbaine et dont le réseau connaît une forte intensité de circulation incluant un trafic de transit en raison de son appartenance au bassin d'emploi de l'agglomération parisienne.

La famille 4 (départements à métropoles) est caractérisée par des départements à dominante urbaine organisés autour d'une grande agglomération, accueillant une population assez dense et plutôt jeune en moyenne grâce à leurs universités et au dynamisme de leur économie.

La famille 5 (départements méditerranéens) s'étale le long du littoral méditerranéen, exception faite des Bouches-du-Rhône, où la spécificité météorologique très ensoleillée attire un tourisme saisonnier considérable dans une région à la fois côtière et montagnarde. La population résidente y est en moyenne plus âgée et recourt notablement à l’usage de la motocyclette.

La famille 6 (départements ruraux peu denses) se distingue du reste des départements par un territoire à dominante rurale et agricole en lien avec une faible densité de population globalement plus âgée. On y retrouve également les départements les plus montagneux.

La famille 7 (départements multi-pôlaires) comprend des départements composés d'agglomérations de taille moyenne et entrecoupés de zones à dominante rurale. Portée par une population démographiquement assez équilibrée, son dynamisme économique et ses universités, elle bénéficie indirectement des flux de circulation importants entre la capitale et les grandes agglomérations françaises et européennes en accueillant quelques-uns des grands axes routiers.

La famille 8 (départements de transition) présente des départements équilibrés en termes de territoires urbains et ruraux, dont le dynamisme économique est notamment basé sur l'industrie. Géographiquement situés le long du littoral atlantique ou à l’intérieur des terres, ils connaissent un tourisme de camping notable, mais une moindre mobilité sur leur réseau structurant du fait de leur éloignement des grands corridors de transit. Le taux d'équipement des ménages en automobiles y est le plus élevé et sa population est à peine plus âgée que la moyenne des départements de province.

Aux 7 familles de départements déterminées par l'analyse statistique, il convient d'ajouter le département parisien (famille 1), trop atypique pour être intégré dans l'analyse précédente, et les outre-mer pour lesquels chaque département ou territoire, de par sa situation géographique et sa culture, est particulier et ne permet pas d'appliquer la même méthode de regroupement.

 

Résultats 2018

  • Les départements de Paris et de la petite couronne se caractérisent par un taux de mortalité bas (trois fois inférieur à la moyenne pour l’ensemble), notamment pour les 18-24 ans. La part de piétons parmi les personnes tuées est très importante (50 % à Paris et 39 % en petite couronne, contre 15 % en France métropolitaine). Les usagers de deux-roues motorisés y représentent un tué sur trois. Le nombre de personnes tuées dans ces départements a augmenté entre 2017 et 2018.
  • Les départements de la grande couronne et les départements à métropoles ont des indicateurs proches : des taux de mortalité inférieurs à la moyenne nationale, des parts de piétons et d’usagers de deux-roues motorisés similaires à la moyenne nationale.
  • Les départements méditerranéens se caractérisent par des taux de mortalité plus élevés que la moyenne nationale et une part importante (30 %) des usagers de deux-roues motorisés dans la mortalité. Cette famille enregistre les plus fortes parts dans la mortalité des personnes tuées dans un accident avec un conducteur alcoolisé ou drogué.
  • Les taux de mortalité les plus élevés sont observés dans les départements ruraux peu denses, notamment celui des 18-24 ans qui est le double de la moyenne nationale. Les parts de piétons (10 %) et d’usagers de deux-roues motorisés (19 %) dans la mortalité y sont plus faibles que la moyenne. Le nombre de personnes tuées dans ces départements a augmenté entre 2017 et 2018.
  • Les indicateurs calculés dans les départements multipolaires sont très proches de ceux calculés pour la France métropolitaine.
  • Pour l’ensemble des indicateurs calculés ici, les départements de transition se situent entre les départements multipolaires et les départements ruraux peu dense.